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Les audiences publiques en environnement sur l’amiante | UN MOMENT CHARNIÈRE POUR LA RÉGION

Lors d’une conférence de presse tenue le 2 décembre 2019, la MRC des Appalaches, la Ville de Thetford Mines et la Société de développement économique de la région de Thetford (SDE) ont exprimé leur position ainsi que leurs attentes quant aux travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans le dossier de L’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers. Soutenus par les députés provincial et fédéral, les représentants ont profité de l’occasion pour réitérer l’importance que revêt le résultat de ces audiences pour l’avenir de la région de Thetford.

Des moyens adaptés à la réalité
Pour Marc-Alexandre Brousseau, maire de la Ville de Thetford Mines, les suites de la démarche instaurée par le gouvernement sont capitales : « Au cours des dernières années, de nombreuses solutions et méthodes de travail ont été proposées par la Ville. D’ailleurs, une dernière version du Programme de prévention spécifique aux travaux susceptibles d’émettre des poussières d’amiante, transmise en mars 2019, demeure toujours sans réponse. Il est grand temps qu’on donne suite à ces moyens qui tiennent compte du réel et non de théories et d’extrapolations. En fin de compte, ce que nous souhaitons, c’est que les mesures à mettre en place soient appropriées au risque réellement rencontré pour la sécurité de tous, ni plus ni moins. »

« Sachant très bien que le risque zéro n’existe pas, nous souhaitons qu’une dose de logique s’invite enfin dans l’analyse de la situation actuelle. Les positions dogmatiques doivent maintenant faire place à plus de pragmatisme et de gros bons sens, comme c’est déjà le cas en présence d’autres cancérigènes. Le devoir de précaution poussé à l’extrême ne tient pas compte de la gradation des risques, des autres solutions possibles et du gaspillage de fonds publics que cela entraîne. Nous nous attendons également à ce que les municipalités soient traitées comme des organismes gouvernementaux quant aux permissions qui sont autorisées en attendant que des solutions plus logiques et permanentes soient mises en place. » poursuit le maire.

Selon le préfet de la MRC des Appalaches, l’enjeu est de taille, mais demeure réalisable. « Depuis des années, la région fait des représentations pour sensibiliser le gouvernement à nos problématiques. Nous avons suggéré des solutions. Nous allons collaborer de très près avec la commission. Nous nous attendons à beaucoup du travail du BAPE et une solution viable est souhaitée pour favoriser la poursuite de notre diversification. L’enjeu est important, mais nous croyons que la solution réside dans une approche posée en tenant compte de l’environnement particulier et unique de la région. »

Un traitement déraisonnable et abusif
La région est confrontée à un traitement déraisonnable et abusif qui freine et fragilise son développement face à l’omniprésence dans son environnement de son héritage minier. « Nous avons su, au fils des ans, se serrer les coudes et faire preuve de résilience pour se tourner vers le futur. La région a su surmonter les nombreuses pertes d’emploi causées par l’effondrement du secteur minier. D’une économie, autrefois monoindustrielle, la diversification de l’économie s’est opérée entreprise par entreprise, emploi par emploi allant jusqu’à recevoir, en 2014, le titre de collectivités entrepreneuriales de l’année au Québec. La région va encore une fois rester forte et solidaire pour démontrer clairement qu’elle entend être maitre de son futur. » de commenter le vice-président de la Société de développement économique de la région de Thetford, monsieur Jacques Larouche.

Pour le député de Mégantic-L’Érable, monsieur Luc Berthold, le BAPE doit définir clairement la manière dont les résidus miniers pourront être transformés de manière sécuritaire et viable économiquement pour les porteurs de projet. « Les gouvernements fédéral et provincial ont autorisé, pendant plus de cent ans, l’utilisation des résidus miniers à toutes les sauces, que ce soit comme matériau de remplissage ou même comme abrasif pour les routes. Pendant ce temps, ils ont bénéficié de retombées fiscales importantes. Les deux paliers doivent donc tout mettre en œuvre pour compenser l’après-bannissement de l’amiante et soutenir les communautés face à la transformation du passif industriel minier en opportunité de développement » souligne le député.

Par ailleurs, ce dernier invite le BAPE à la prudence lors de la tenue des audiences publiques, compte tenu que des milliers de personnes vivent à proximité des montagnes de résidus d’amiante. « L’avenir de notre région dépend de la manière dont le BAPE va tenir ses audiences. Il est facile de faire peur au monde, mais ce sont les faits qui doivent guider les commissaires. La vérité est que l’histoire nous démontre que personne n’a développé de maladie liée à l’amiante par le seul fait de vivre à proximité des résidus miniers. Prétendre le contraire ne ferait que créer de l’anxiété et du stress à la population locale. Si le BAPE en venait à une conclusion différente, il faudrait considérer des répercussions importantes sur la population qui demeure à proximité des haldes », conclut M. Luc Berthold.

La députée de Lobtinière-Frontenac, madame Isabelle Lecours, a conclut en affirmant qu’elle accueille avec satisfaction que le début des audiences publiques concernant l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés. « Grâce à son processus scientifique strict, le BAPE nous donnera une vision claire de la situation et permettra à la région de tourner son regard vers l’avenir. Rappelons que l’incertitude créée par le statu quo dans le dossier de gestion des résidus miniers, telle une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes, ne sert personne et surtout, constitue un frein au développement de la région. »

A propos du BAPE
Rappelons que le mandat confié par le ministre Charette au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) vise à tenir une enquête pour éclairer le gouvernement sur les orientations à donner à tout type de projet qui prévoit la présence d’amiante ou de ses résidus au Québec. Le rapport présentant les constats et l’analyse de la problématique devra être transmis au ministre au plus tard le 24 juillet 2020.